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Les Cosaques

La renaissance du mouvement cosaque a commencé au début des années 90. Le processus est particulièrement intensif sur les lieux traditionnels de vie des Cosaques aux frontières sud de la Russie mais des associations de Cosaques ont vu le jour dans plusieurs grandes villes du Nord comme Moscou et Saint-Pétersbourg. Au départ, ces associations présentèrent des revendications de nature culturelle et historique, puis exigèrent une administration locale autonome ainsi que la restitution de leurs terres traditionnelles. En 1992, un décret présidentiel réhabilita les Cosaques. Il leur accorda le statut de groupe ethnique et des terres à titre gratuit ; en échange, les forces cosaques participaient à la protection des frontières. Qu'est-ce qu'un Cosaque au XXIe siècle ? Que font-ils, comment vivent-ils aujourd'hui ? A ces questions du journaliste de Vremia répond l'Ataman de l'unité cosaque du Don, Victor Vodolatskiï.

Vremia : Quelles sont les différences entre les Cosaques de l'Empire tsariste et ceux du XXIe siècle ?
Victor Vodolatskiï : Avant un Cosaque savait que son rôle était d'être un guerrier orthodoxe. Où qu'il se trouvât, son devoir était d'être prêt 24 heures sur 24 à défendre les frontières de la Russie. Aujourd'hui les mœurs et les mentalités ont changé. Il est impossible qu'un territoire vive selon ses propres règles. Mais l'esprit de nos ancêtres reste en chacun de nous, ce qui nous permet de vivre dans des stanitza (villages de Cosaques). Essayez de trouver quelque part une organisation qui peut réunir 35 000 personnes en un très court délai ! Trente-cinq mille, c'est le nombre de Cosaques du Don, avec leur famille, cela représente 106 000 personnes. Un Cosaque moderne peut être chirurgien, policier ou fermier mais il appartient à une unité armée qui vit selon son règlement et où sont inscrits ses droits et ses devoirs. (...) Les Cosaques tentent de conserver les traditions et la culture de leurs ancêtres. Il n'est pas possible de recréer la communauté cosaque sous sa forme d'avant 1918 mais nous espérons occuper au sein de la société une place respectable. Sur le Don, les Cosaques sont la nationalité titulaire (il s'agit de la nationalité officielle et prédominante sur ce territoire) et cela implique non seulement qu'ils ont des droits mais également qu'ils sont responsables de ce qui se passe sur ce territoire. C'est pourquoi, avec l'aide du gouverneur, nous avons formé des milices municipales de Cosaques ; au cours de l'année, 700 hommes ont maintenu l'ordre public. Nous nous occupons également de la protection de l'environnement : nous prenons soin des forêts plantées par nos grands-pères et arrière-grands-pères. Nous aidons également les douaniers à garder nos frontières.

Vremia : Vous dites que les Cosaques sont une nationalité titulaire, or la notion de nationalité pour les Cosaques est très controversée et l'appartenance ethnique des Cosaques reste une question.
V.V. : Nous avons déjà organisé de nombreuses conférences scientifiques sur le sujet. Je peux affirmer qu'avant 1918 les Cosaques était un peuple dont le développement a été artificiellement interrompu.

Vremia : Il est prévu que vous rencontriez le Président en février, quelles seront les questions abordées ?
V.V. : Avant tout nous évoquerons la réalisation de l'oukase présidentiel qui prévoit 13 formes de services cosaques à l'Etat. A ce jour, les ministères ne peuvent travailler avec nous car il n'existe pas encore de règlements qui régissent ces services. Afin de résoudre ce problème, nous avons élaboré quelques questions fondamentales. Nous devons montrer au Président les avantages que l'Etat peut obtenir des Cosaques.

Vremia : Mais pourquoi tout cela alors que pour servir l'Etat, il suffit d'entrer dans la police ou de devenir douanier ?
V.V. : Effectivement pour de nombreuses personnes, c'est incompréhensible. Mais ici, sur le Don, de nombreux villages cosaques existent avec leurs propres mœurs, où il y a un policier pour 10 fermes. Les milices cosaques assurent l'ordre public, empêchent la diffusion de la drogue, préviennent les règlements de compte, défendent l'honneur et la dignité des citoyens. A la différence des policiers, les Cosaques assurent toutes ces fonctions de jour comme de nuit.

Vremia : Lorsque le Président était en visite dans votre région, vous lui avez remis une pétition appelant à une régularisation du processus migratoire et à l'application d'un statut particulier au territoire occupé par votre groupe national. Savez-vous quelle a été la réaction du Président ?
V.V. : Dans cette pétition, nous demandions que les oblasts de Rostov et de Volgograd puissent appliquer, pendant une certaine période, une politique de réduction de l'immigration des réfugiés sur leurs territoires. Dans la majorité des cas, les immigrants qui viennent dans nos régions imposent leurs modes de vie. La criminalité augmente, la drogue et les armes circulent. Nous ne voulons pas de parasites sur notre territoire. Le Président a répondu que beaucoup de nos propositions seront incluses dans un document en préparation mais qu'il est impossible de permettre une politique d'immigration particulière aux dépends des autres entités territoriales.

Vremia 24-01-01

Les Cosaques ne mâchent pas leurs mots!


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