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Glossaire
Apparatchik : vient du russe apparat (l'appareil), le suffixe
"tchik" désignant la fonction. Membre de l'appareil au sens
littéral, c'est à dire un fonctionnaire du parti ou de l'Etat. Ce terme
désigne dans la langue actuelle un bureaucrate sans âme, plutôt opposé aux
changements en général.
Archine : correspond à 71 centimètres.
Avosska : signifie "au cas où". Filet à
provision que les Russes ont toujours sur eux au cas où ils trouveraient sur
leur parcours quelque chose à acheter. Ce terme caractérise les difficultés
de l'approvisionnement et en même temps l'humour avec lequel les Russes
combattent les difficultés quotidiennes.
Babouchka : la grand-mère. Par extension, ce terme désigne
les femmes russes en âges d'être grand-mères.
Bagni : (au singulier, bagnia) les bains. Tradition
russe du bain de vapeur, toujours vivace à la campagne comme en ville.
Bomji : initiales désignant des personnes sans domicile. La
presse soviétique nomme ainsi les vagabonds qui n'ont pas d'endroit où aller,
et qu'on rencontre notamment dans les gares et aéroports.
Chachlik : brochette de viande grillée (porc ou mouton
mariné dans vinaigre et oignon, cf le site de Galia, la gastronomie slave) que
l'on mange surtout dans le Caucase.
Chtchi : soupe aux choux.
Datcha : résidence secondaire. Le lopin de terre avec ou
sans maison où les Russes y cultivent les légumes
Defitsit : se dit en russe d'un produit introuvable dans le
commerce.
Desentniki : terme militaire désignant les
commandos-parachutistes. Dans la langue courante, ce mot sert à appeler les
Provinciaux qui viennent s'approvisionner dans les grands centres urbains. Il
sont en groupe, avec des sacs à dos bourrés de victuailles.
Décembristes (ou dékabristes). Du mot russe dekabr,
décembre. Nobles et officiers libéraux qui tentèrent une révolte contre le
tsar et l'autocratie pour imposer un système constitutionnel. Ils étaient
nourris des idées de la Révolution française; bon nombre d'entre eux étaient
affiliés ou avaient créé des sociétés secrètes sur le modèle des
carbonari italiens ou des loges maçonniques. Le 26 décembre 1825, ils
envahirent la place du Sénat de Saint-Pétersbourg et refusèrent de prêter
serment au tsar. La révolte fut sauvagement réprimée. Les chefs des mutins
furent exécutés, les autres emprisonnés à la forteresse Pierre-et-Paul et
d'autres enfin exilés en Sibérie; ce fut le premier soulèvement contre le
tsarisme.
Douma : parlement russe élu au suffrage restreint en 1906,
après la révolution manquée de 1905. Cette assemblée nationale constitue une
tentative pour les libéraux de créer une monarchie constitutionnelle.
Néanmoins, les quatre doumas élues avant le déclenchement de la Première
Guerre mondiale furent des parodies de vie parlementaire, le gouvernement
tsariste dirigeant le pays par oukaze.
GAI : initiales pour Inspection Automobile d'Etat. C'est
l'équivalent de la police de la route, chargée de contrôler le trafic
routier. Aux entrées de chaque ville, il y a un poste de GAI qui vérifie
également le passage des voitures étrangères.
Glasnost : terme juridique venant du mot parole. Cette
expression symbolise la politique d'ouverture et de transparence décidée par
Gorbatchev peu après son élection au poste de secrétaire du PCUS. Par cette
politique de transparence, il a permis l'expression libre des opinions, la
publication d'ouvrages ou de films interdits jusque-là en URSS.
Glavlit : censure. Créée à titre temporaire au moment de la
révolution, cette institution devait subsister jusqu'à la période
gorbatchévienne. Tout article, tout livre devait être visé par le censeur
avant d'être publié.
Gosplan : administration centrale de la planification. Cette
administration était chargée de centraliser et de diriger d'en haut la
production industrielle et agricole de l'URSS.
Goulag : sigle désignant la direction d'Etat des camps. Cette
administration avait été créée par le décret sur la terreur rouge (5
septembre 1918) permettant l'ouverture de camps pour lutter contre les
contre-révolutionnaires, accusés de mettre en danger la révolution
bolchévique. Mais c'est Staline qui utilisera cette administration à très
grande échelle, déportant des populations entières vers ces camps (Koulaks,
Tatars de Crimée, etc.). Le terme de Goulag a été rendu célèbre dans le
monde entier par l'ouvrage de Soljenytsine L'Archipel du Goulag (1973).
Isbas : maison en bois. Dans les grandes villes, il n'en
existe pratiquement plus. Dans les villages russes par contre, elles subsistent
toujours et sont souvent décorées.
KGB : (actuellement FSB) initiales du Comité d'Etat à la
Sécurité, qui regroupe les services d'espionnage, de contre-espionnage et de
renseignements intérieurs. C'était une police politique redoutée des
Soviétiques. Jusqu'à la période de la perestroïka, les pouvoirs non écrits
du KGB étaient quasi illimités. La volonté de Gorbatchev de créer un Etat de
droit en URSS passe par la limitation des compétences de ce service. Le KGB a
son siège dans le grand immeuble de la Loubianka, situé place Dzerjinski, dans
le centre de Moscou. L'ancêtre du KGB n'est autre que la tcheka (en russe
commission extraordinaire), police politique créée par Lénine le 20 décembre
1917. La tcheka, dirigée par Felix Dzerjinski, avait pour tâche de mettre hors
d'état de nuire les contre-révolutionnaires. Le guépéou prit la relève de
la tcheka, il y eut ensuite le NKVD, puis le KGB et à présent le FSB.
TCHEKA :
GUEPEOU :
NKVD :
KGB : Komitet Gossudarsveni Bezapastnosti
FSB : Federalnaia Sloujba Bezapastnosti.
Kolkhozien (marché) : le kolkhoze est une ferme coopérative.
Créée en 1930 à la suite du décret réclamant la liquidation des Koulaks. La
terre appartient à l'Etat, le reste est mis en commun entre les paysans. Chaque
agriculteur conserve néanmoins sa propre maison et une parcelle de terrain
propre. La récolte qu'il obtient sur cette parcelle est vendue au marché
kolkhozien selon la loi de l'offre et de la demande.
Koltso : la bague ou l'anneau en russe. Par extension, ce terme
désigne le boulevard circulaire dans une ville. A Moscou par exemple, il existe
un petit koltso (à l'intérieur de la vieille ville) et un grand koltso
(extérieur, délimitant la banlieue).
Komsomols : jeunesses communistes.
Kopeck : la centième partie du rouble.
Kremlin : du mot russe Kreml, forteresse. Au Moyen Age, les
villes étaient protégées par des palissades en bois, puis en briques, pour
lutter contre les invasions. Aujourd'hui, le Kremlin constitue le centre
historique des villes. A Moscou, le Kremlin est l'ancien palais des tsars
renfermant les anciens palais et églises. Aujourd'hui, le Kremlin avec une
majuscule veut dire le pouvoir russe. C'est là en effet que se trouve le
parlement, le siège du gouvernement et de la présidence de la Russie.
Krassovki : vient d'une russisation du mot anglais cross et
désigne des chaussures de sport.
Kvas : boisson fermentée rafraîchissante, à base de pain.
Lavache : pain géorgien en forme de galette.
Limitchiki : du mot limit (limite). Personnes qui vivent dans
une grande ville sans y avoir le droit de résidence. Installés à la limite
des cités, ils occupent les emplois les moins bien rétribués et les plus
durs. Leur situation est comparable à celle de travailleurs immigrés
clandestins dans nos sociétés occidentales. En Russie, il faut posséder un
permis de séjour (voir Propiska) pour rester dans une ville, ce permis donne
droit au logement et au travail.
Milice : la police. Les miliciens portent un uniforme gris.
Morjy : littéralement, les phoques. Ce sont des sportifs
endurants qui se baignent en plein hiver après avoir fait un trou dans la
glace.
Mossoviet : sigle pour conseil de Moscou. C'est la mairie de
Moscou.
Nomenklatura : mot latin russifié désignant l'appareil de
direction soviétique. Staline donna naissance à la nomenklatura en créant en
1924 la section d'organisation et d'affectation du parti (orgraspred), qui
contrôlait les nominations au sein du parti, de l'Etat et de l'administration.
Ce terme désigne les hauts cadresqui, de par leur fonction, bénéficient de
privilèges (magasins, voitures, datchas, maisons de repos, voyages...).
Occidentalistes : ce mouvement littéraire russe du XXème
siècle (Tchadaïev, Bielinski, Herzen) avait pour but, à l'opposé des
slavophiles, de faire connaître en Russie l'évolution de l'Occident. Par
référence à l'œuvre de Pierre le Grand, aux philosophes allemands (Hegel),
et aux socialistes utopiques (Saint-Simon, Fourier, Proudhon), les
occidentalistes russes s'opposaient à l'autocratie et au repli de la Russie que
elle-même.
Perestroïka : du russe reconstruction, refondation. Ce
terme, désormais utilisé dans le monde entier sous son vocable russe, est,
avec la glasnost, le symbole de la politique gorbatchévienne de
restructuration, après la période de "stagnation" brejnévienne et
de "commandement administratif" stalinien.
Petrachevsky : cercle d'officiers, de fonctionnaires et
d'étudiants pro-occidentalistes et de tendance socialiste utopique qui se
réunissaient chez un fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères. En
1849, accusés de complot, ils furent arrêtés par la police de Nicolas Ier.
Parmi eux se trouvait Dostoïevski. Il fut condamné à mort comme cinq des
chefs du groupe. Au dernier moment, l'écrivain fut gracié et envoyé au bagne
en Sibérie (lire L'Idiot, et Souvenir de la maison des morts).
Pirojki : petit pain à la viande ou au chou qu'on mange avec
la soupe.
Pope : prêtre orthodoxe. Tout de noir vêtu, et portant
généralement la barbe. Après plus de 70 ans de silence, on les voit
désormais partout, notamment à la télévision.
Propiska : carte intérieure donnant droit à un citoyen
soviétique de résider et de travailler dans une ville donnée (voir
limitchiki).
Refuznik : Juifs soviétiques, à qui l'on refusait sous
Brejnev le droit d'émigrer.
Rouble : monnaie russe (abréviation : RBL), divisée en 100
kopecks.
Samovar : en russe "qui bout par lui-même".
Bouilloire traditionnelle pour le thé.
Slavophiles : par opposition aux occidentalistes. Partie de
l'intelligentsia russe opposée à l'influence occidentale. Ce sont des
traditionalistes qui prônent les valeurs et la culture russes.
Sovkhoze : terme désignant les fermes d'Etat. Les paysans y
sont salariés.
Soviet : le Conseil de base. "Tout le pouvoir aux
Soviets", avait lancé Lénine lors de la révolution russe de 1917.
Tchasnik : du mot tchasnyi, privé. Le privé, c'est celui
qui est à son compte; par exemple, un chauffeur de taxi privé.
Toussovka : néologisme dont on ne connaît pas l'origine.
Signifie l'endroit où l'on se rencontre, où l'on se réunit pour parler. Par
extension, ce sont des groupes ou des bandes de jeunes.
- Zemstvo : après l'abolition du servage en 1861, le tsar
Alexandre II créa des assemblées locales élues (zemstvo); Alexandre
Soljenytsine s'est récemment prononcé pour le retour de ces assemblées.
- Zil : sigle pour l'usine de voiture Lénine. Ce sont les
grosses voitures officielles de couleur noire.
- Znatchki : badges, insignes.
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