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Le sauvetage du sous-marin Koursk
Depuis samedi 12 août 2000, le sous-marin nucléaire russe «Koursk» est
bloqué à 108 mètres de fond dans la mer de Barents. Plusieurs tentatives de
sauvetage pour récupérer les 118 hommes prisonniers ont échoué. La Russie
accepte l'aide britannique et norvégienne. Mais les secours risquent d'arriver
trop tard.
- Pour connaître la liste complète de l'équipage du Koursk, cliquez
ici!
- Vos nombreux messages de soutien témoignent votre solidarité avec les
marins du Koursk, en voici quelques-uns.
19
août. Les responsables russes ont admis qu'à bord du Koursk, il n'y aurait
plus de survivants; "Nous allons très probablement être obligés de
constater que nos pires craintes se sont réalisées", a déclaré le chef
d'État-major de la flotte du nord, le vice-amiral Mikhaïl Motsak, dans une
allocution dramatique à la télévision. Les familles des marins ont été
prévenues que les délais de survie "ont été dépassés", a
annoncé lors d'une conférence de presse le vice-Premier ministre russe Ilia
Klebanov, laissant entendre que tous les marins avaient péri: dans le premier
choc ou l'explosion initiale, dans une deuxième explosion, noyés quand le
submersible a pris l'eau, ou asphyxiés. "La majorité de l'équipage est
morte au cours des deux premières minutes" et "les chances de
retrouver des survivants sont purement théoriques", a déclaré M.
Klebanov. Pour ceux qui ont survécu à l'accident, le chef de l'état-major a
estimé que, "compte tenu des conditions de vie de l'équipage", le
"seuil critique" avait été franchi "vendredi, samedi,
peut-être dimanche". A bord, les réserves d'oxygène sont probablement
épuisées, la température est très basse et l'équipage est dans le noir,
sans source d'énergie, depuis une semaine. Le vice-amiral a expliqué que les
sauveteurs allaient poursuivre leurs efforts pour "pénétrer à
l'intérieur du sous-marin et y trouver des vivants ou des morts". Deux
navires, transportant des équipes de secours britanniques et norvégiennes, et
un mini-submersible britannique, sont arrivés samedi soir dans la zone de
l'accident. Dans un premier temps, dès dimanche matin, des plongeurs devaient
descendre au fond pour observer l'état du sous-marin. Des images de la coque
doivent également être tournées et, une fois ces images visionnées et
analysées, le mini-submersible LR5 pourra plonger pour commencer sa mission. Le
vice-amiral Motsak a évoqué l'hypothèse d'une collision avec un sous-marin
britannique pour expliquer l'accident qui a fait plonger en catastrophe le
submersible russe le 12 août, au fond de la mer de Barents, où il repose
depuis par 108 mètres de fond. "Nous n'excluons pas la possibilité d'une
collision avec l'un des trois sous-marins étrangers en mission de renseignement
sur la zone. Cela pourrait être un sous-marin britannique, car le lieu de
l'accident se trouve dans une zone où la Grande-Bretagne se livre d'habitude au
renseignement", a-t-il affirmé. Cette éventualité a été immédiatement
rejetée à Londres. Le vice-amiral a confirmé que l'hypothèse selon laquelle
deux chocs successifs, le second probablement dû à une explosion, s'étaient
produits à bord, était à "80 ou 90%" la bonne. Cette hypothèse
recoupe les enregistrements des sismographes norvégiens, qui ont enregistré,
à l'heure de l'accident, deux explosions à deux minutes d'intervalle, la
seconde beaucoup plus violente que la première. Le vice-amiral Motsak a estimé
probable que, à la suite du choc initial, "les compartiments avant du
sous-marin aient été inondés et que tout l'équipage qui se trouvait là soit
mort" dès les premières minutes. Le sous-marin, prenant l'eau, a alors
perdu sa stabilité et a sombré très rapidement. Ce naufrage, a assuré le
vice-amiral, "a pu provoquer l'explosion de torpilles". "Au moins
trois ou quatre torpilles ont explosé à bord du sous-marin, d'une puissance
équivalente à une ou deux tonnes de TNT", a-t-il précisé. Depuis
l'annonce, lundi, de l'accident, la marine russe avait multiplié les pronostics
les plus pessimistes, et les autorités semblaient vouloir préparer l'opinion
à une catastrophe. Le président Vladimir Poutine, absent de Moscou depuis le
jour de l'accident, était rentré d'urgence vendredi soir.
18 août. Tout le monde se pose la même question ces jours-ci: Est-ce
que le sauvetage a réussi? Reste t-il des survivants à bord du Koursk?
Malheureusement pas de nouvelles, ou plutôt de tristes nouvelles...
Le sous-marin s'enfonce de plus en plus dans la vase, les sauveteurs n'ont pas
réussi à se rapprocher du sous-marin à cause des forts contre-courants. Un
bathyscaphe a failli couler et a été remonté d'urgence avec 6 sauveteurs à
bord. Et on imagine les sous-mariniers au fond de la mer Barents, réfugiés
dans un petit compartiment, souffrants de froid (la température de l'eau est
seulement de quelques degrés) et manquant d'oxygène... Une question légitime
se fait entendre de plus en plus fort: pourquoi les forces de l'Armée ont
attendu plusieurs jours avant d'accepter l'aide internationale? Les généraux
russes ont-ils sous-estimé la gravité de la situation ou s'agit-il d'une
démonstration de la bravoure militaire russe? Le président Vladimir Poutine a
décidé d'interrompre ces vacances et arrive sur le lieu de la catastrophe.
Le gouvernement a pris quelques décisions concernant les familles des
sous-mariniers:
- tout d'abord, en attribuant aux proches 500.000 roubles pour vivre sur
place.
- puis, en affrétant un avion spécial Moscou-Mourmansk pour que les
proches puissent se rendre sur les lieux de la catastrophe. Si vous avez des
proches à bord du Koursk, téléphonez au (095) 204-22-78.
17 août. L'opération de sauvetage continue. La météo donne une
chance aux sauveteurs russes; la mer de Barents se calme. Ce matin la mer est de
force 2 - 3, la vitesse du vent est de 10m/s. Selon le centre météo russe,
l'accalmie va durer trois jours. Le bateau norvégien "Normand Pionneer"
avec à son bord le sous-marin de poche anglais et 27 sauveteurs entraînés,
part aujourd'hui à 13h (heure de Moscou) sur les lieux du naufrage. Un autre
bateau a été envoyé par le Ministère de la Défense de la Norvège, le
"Seaway Eagle", avec 90 sauveteurs à bord et 12 plongeurs
spécialement préparés. Le président russe Vladimir Poutine a ordonné à
l'État major de la flotte russe d'accepter toutes les aides extérieures.
16 août - 16h. Le service de presse de la flotte du Nord de Russie
nous informe que le troisième essai de sauvetage est en cours malgré les
nombreuses difficultés. Si celui-ci échoue, l'État major russe envisage la
possibilité de remonter le sous-marin à la surface à l'aide de flotteurs.
Cette opération est très délicate, car il faudra tout d'abord tirer le
sous-marin sur des fonds marins moins profonds. Le service de presse explique le
silence de l'équipage de la façon suivante: dans la psychologie du marin
russe, en cas de procédure de sauvetage, ceux-ci respectent le silence pour
mieux comprendre et analyser la situation et être à l'écoute de tout signe
extérieur.
La Grande Bretagne va prendre part au sauvetage du "Koursk". Le mini
sous-marin de sauvetage anglais vient de partir par un avion russe spécialement
affrété AN-124 "Rouslan" jusqu'en Norvège. En attendant la
décision du président Poutine concernant l'intervention anglaise, les deux
sous-marins russes continuent leurs manœuvres de sauvetage. Les accumulateurs
des batteries des sous-marins de sauvetage russes permettent une utilisation
pendant 4-5 heures, c'est pourquoi pendant qu'un sous-marin travaille, l'autre
est en période de recharge. A cause du mauvais temps, les sauveteurs prennent
de nombreux risques.
15 août. Aujourd'hui toutes nos pensées vont à l'équipage du
sous-marin Koursk qui a fait naufrage dans la mer de Barents. L'analyse de la
situation à minuit, l'opération de sauvetage des marins russes prisonniers du
sous-marin Koursk continue. L'amiral de la flotte russe, Vladimir Kouroïedov,
dans son interview, fait part des conditions très difficile de sauvetage. Une
deuxième tentative d'évacuation de l'équipage a échoué à cause d'une très
mauvaise visibilité (1,5 - 2 m) et de la présence de très forts courants
marins. L'État major de la marine russe a précisé que les marins commencent
à manquer d'oxygène, mais la plus grande inquiétude vient du fait que
l'équipage a cessé d'envoyer des signaux SOS. L'État major confirme que 4
compartiments du sous-marin ont été inondés, cela représente 2/3 de
l'équipage, donc 75 personnes risquent d'avoir déjà trouvé la mort.
Chers amis de la Russie, bonjour,
Nous nous adressons à vous pour vous remercier de vos nombreux messages de
soutien adressés à l'équipage du sous-marin "Koursk", en deux jours
nous avons reçu plusieurs centaines de messages venus de toute la France,
Belgique et Canada. Lors de nos entretiens téléphoniques avec le service de
presse à Severomorsk, nous avons exprimé de votre part notre solidarité
avec les marins. Nous tenons à vous communiquer leur réponse: "Chers
amis russophiles et franco-russes! Merci beaucoup pour votre soutien. Nous, les
marins de la flotte du Nord, pensons très fort à nos camarades qui sont
prisonniers à 100 m de profondeur et faisons le maximum pour encadrer leurs
familles. Comme vous le savez probablement le sauvetage s'annonce difficile: on
dirait même que le destin s'acharne contre nous. Les contre-courants très
violents "arrachent" les engins de sauvetage de la surface du
sous-marin dès qu'ils se positionnent. Les trois essais ont échoué. Malgré
tout, nous gardons le moral et l'espoir et faisons le maximum pour sauver nos
confrères. Sachez que la marine russe sera toujours fière de ses officiers et
soldats".
Voir également :
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