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Le Koursk, un an après

Paris, 9 août 2001 - Le 12 août 2000, le sous-marin russe Koursk sombrait au fond de la mer de Barentz. A quelques jours de la date-anniversaire du naufrage du sous-marin, les autorités russes dressent un premier bilan des opérations de remontée du bâtiment, sans pour autant donner une explication du drame qui a causé la mort de 118 marins.

La récupération titanesque d'au moins une partie du sous-marin nucléaire gisant par 108 mètres de fond, représente "un devoir" pour "la mémoire, pour les familles et les parents" des victimes dont les corps devraient être récupérés, a expliqué Vladimir Pozdnyakov, ministre-conseiller de l'Ambassade de Russie en France, lors d'un point de presse jeudi à Paris. Mais cette opération devrait également permettre de "connaître les vraies raisons de cette catastrophe pénible".

Après une première exploration peu fructueuse de l'épave par un robot, les autorités russes aidées d'équipes internationales -dirigées par la société néerlandaise Mammoet- ont décidé de "découper" le compartiment avant, lieu d'une double déflagration afin de le séparer du reste du bâtiment. Le renflouage, prévu pour la fin de l'année, consiste à remonter la majeure partie du bâtiment à la surface. La sécurité paraît assurée grâce "à un suivi constant et la mobilisation des experts sur l'état des équipements et de l'ensemble des piles atomiques".

Cependant, face à cette opération qui constitue "une première mondiale", "il faut tenir compte de toutes les possibilités". Soucieuses désormais de faire toute la transparence, les autorités russes ont reconnu avoir commis "des erreurs" au moment de la catastrophe mais ont assuré que, même en faisant appel à une aide extérieure dès le début, "rien ne pouvait être fait" pour sauver l'équipage.


RENFLOUEMENT DU SOUS-MARIN « KOURSK »

Descriptif de l'opération
Pour assurer la sécurité des travaux au moment du découpage de la section avant du submersible, les concepteurs des missiles et des torpilles installés à bord du « Koursk », assistés d'instituts industriels et de la Marine militaire, ont effectué des études nécessaires et des calculs permettant évaluer la sécurité des travaux portant sur les fragments restants de torpilles.

Sur la base des résultats ainsi acquis, un « Passeport de sécurité des travaux dans le cadre de l'opération « Renflouement » a été rédigé et soumis à la compagnie MAMMOET.

La taille des orifices découpés dans le corps dur du submersible a été choisie de façon à laisser intacts les couples du corps dur tout en assurant l'introduction des « becs d'accrochage » à l'intérieur du corps dur avec la répartition de l'effort de renflouement entre deux couples.

Le Bureau d'études centrale « Roubine » a procédé aux calculs spécifiques de la résistance de la structure et de la résistance locale du sous-marin « Koursk » compte tenu des 26 orifices découpés pour l'introduction des « becs ».

Les calculs montrent que la résistance du « Koursk », en tant qu'objet renfloué, est garantie même en cas d'une situation extraordinaire (panne de deux dispositifs de renflouage).

Le renflouage du sous-marin « Koursk » s'opérera à l'aide de 26 câbles de levage dont chacun est composé de 54 stands à barres métalliques tressées. La force de rupture de chaque stand est de 16 tonnes. Les calculs de la résistance des câbles de levage témoignent de la double réserve de résistance compte tenu de l'augmentation du poids du sous-marin en cours du renflouage à cause de son enlisement.

Tout au long de l'opération en mer (notamment, au moment du renflouage et du transport du submersible), les conditions météorologiques seront observées en permanence telles que la force du vent, la hauteur et la période de houle et d'autres paramètres hydrométéorologiques. Dans le cas des prévisions défavorables, l'opération sera suspendue et les moyens navigants engagés regagneront une zone d'accalmie.

Sur la base des résultats obtenus par le monitoring, l'analyse et les évaluations par les experts de l'état des équipements et de l'ensemble des piles atomiques, il a été établi d'une manière certaine que :

  • les piles atomiques du sous-marin « Koursk » ont été éteintes par tous les dispositifs de sécurité existants qui s'étaient déclenchés au moment de la catastrophe ;

  • l'impact des explosions, qui ont provoqué la catastrophe du submersible, sur l'ensemble des piles et les constructions du compartiment de la pile a été inférieur au niveau maximum admissible.

C'est pourquoi l'ensemble des piles, leurs fondements et les constructions de base du compartiment de la pile n'ont pas été touchés par les explosions, ont gardé leur résistance et l'intégrité des barrières de sécurité. Cela est confirmé par le fait que l'effectif des compartiments arrière du submersible, y compris ceux qui se trouvaient au moment des explosions dans le compartiment de la pile, sont restés en vie et se sont déplacés dans le neuvième compartiment (compartiment-refuge). Il est connu que l'homme est capable d'endurer des surcharges de choc plusieurs fois inférieures à celles supportées par les équipements de l'ensemble des piles du sous-marin.

L'analyse des événements et des situations extraordinaires pouvant survenir pendant le renflouage du sous-marin « Koursk » a montré que, même dans le cas peu probable où le sous-marin se serait décroché dans un endroit le plus profond de l'itinéraire de transport et coulerait en se retournant et en percutant le fond, la force du choc sera plusieurs fois inférieure à celle endurée par l'ensemble des piles au moment de la catastrophe. La construction des mécanismes exécutifs du système de gestion et de sécurité des piles est équipée de dispositifs qui bloquent les barres de l'absorbeur dans la position enfoncée une fois le système de sécurité enclenché ce qui exclut qu'elles se déplacent de la zone active au moment du choc et du retournement.

Donc, au cours de l'opération de renflouement du sous-marin « Koursk », il est absolument exclu que l'ensemble des piles atomiques et leur système de sécurité soient endommagés et deviennent dangereux.


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