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Le Théâtre Russe
Staline Mélodie - Théâtre Silvia Monfort
Direction Régis SANTON - 106, rue Brancion 75015 Paris
Bus : PC, 48, 62, 89, 95 / M° Porte de Vanves
STALINE
MELODIE de DAVID POWNALL avec VICTOR LANOUX dans le rôle de Joseph Staline.
DU 14 NOVEMBRE 2000 AU 6 JANVIER 2001
DU MARDI AU SAMEDI à 20h30, MATINÉE LE SAMEDI à 16h.
NOTES D'INTENTIONS
Staline, convoque Prokofiev et Chostakovitch, et leur impose une leçon
de musique un peu spéciale. La pièce, articulée autour d'une «master class»
singulière annonce la prise du pouvoir politique sur l'art. Staline Mélodie
est une pièce importante qui peut se lire à plusieurs niveaux : Comment le
pouvoir pèse sur l'Art et principalement un pouvoir autoritaire?... Comment
Joseph Staline, autocrate s'il en fût, veut asservir les artistes, quitte à
«s'étonner» quand il arrive à ses fins de voir l'artiste ainsi domestiqué
perdre toute richesse créatrice. Mais au-delà du pouvoir «Stalinien»
caricaturalement répressif, c'est bien de tous les pouvoirs dont il est
question, et plus précisément de l'attelage «gouvernement-créateur». Même
dans nos démocraties, le Politique a du mal à admettre la liberté créatrice
sous toutes ses formes et partant du principe qu'il le «paye», il aimerait en
retour un peu moins d'esprit contestataire chez l'artiste et un peu plus de
considération pour saluer son action. Et si nous sommes loin des contraintes
physiques staliniennes, la contrainte économique «à plus ou moins long
terme» est un argument déterminant. Et puis cette pièce pose l'interrogation
fondamentale que tout artiste ou toute personne concernée par l'art se
pose un jour: Pour qui ? Pour
qui ce travail, ces vies consacrées à la création?... Si l'on considère tous
ces musiciens, peintres, écrivains, morts d'épuisement et de détresse de ne
pas avoir été écouté, regardé ou compris, on sait que l'œuvre d'art
s'adresse d'abord aux Autres. Alors se pose la question de l'échange, de la
nécessité pour être audible, regardable, compréhensible du « compromis ».
Alors certaines questions, je dis bien certaines seulement que David Pownall
fait poser à ces deux musiciens par Joseph Staline, nous interpellent fortement
: Pour qui créez-vous ? Existeriez-vous si personne n'écoutait vos œuvres ?
et nous tous acteurs ou spectateurs qui sommes forcément concernés par la
création artistique, découvrons que les réponses simplistes que nous
avions préparées, ne suffisent pas...Régis SANTON
NOTES HISTORIQUES
David Pownall a choisi de mettre en scène Joseph Staline, parce qu'il
est pour tous les artistes le symbole du pouvoir autoritaire et dictatorial au
20ème siècle. Dans « Staline Mélodie », l'auteur en a fait l'archétype de
l'Homme de Pouvoir affrontant les Artistes, en l'occurrence 2 musiciens,
monuments de la musique du 20ème siècle, Prokofiev et Chostakovitch.
La pièce est historique, et même si la rencontre n'a pas eu lieu, elle est
presque plausible. L'action se passe en janvier 1948, au Kremlin, une nuit,
pendant la réunion de la section moscovite de l'Union des Compositeurs,
réunion présidée par Jdanov (le curieux Ministre de la Culture de Staline) et
voulue par Staline. Elle avait pour but de dresser la liste des compositeurs
incarnant les « tendances formalistes et antinationales » et de les dénoncer,
ce qui sera fait dès le 10 février suivant; Boris Assafiev ( grand critique
musical et ami depuis le conservatoire de Prokofiev ) sera charger sur ordre de
Jdanov de rédiger la résolution du PCUS. Je cite Assafiev dans le texte : «
...Les créations dans le domaine de la musique symphonique et de l'opéra sont
toujours aussi médiocres. Cela vaut surtout pour les compositeurs qui incarnent
le courant formaliste et antinational. Cette tendance est particulièrement
marquée dans les œuvres des camarades D.D Chostakovitch, S. S Prokofiev, A.l
Khatchatourian, N.I. Miaskovski et d'autres, dont la musique trahit de manière
particulièrement nette des aspirations formalistes et des tendances
antidémocratiques, étrangères au peuple soviétique et à son goût
artistique. Cette musique se caractérise notamment par le rejet des principes
fondamentaux du classicisme, par l'apologie de l'atonalité, de la dissonance et
de l'absence d'harmonie, par l'abandon d'éléments musicaux aussi essentiels
que la mélodie, et par une prédilection, en revanche, pour les combinaisons
sonores chaotiques et névrotiques, qui transforment la musique en cacophonie...
»
Et
plus loin : « ... Le Comité central du PCUS prend la résolution : De
déclarer que l'orientation formaliste de la musique soviétique est une
tendance antinationale, qui conduit à la destruction de la musique. De
soumettre à la section de propagande et d'agitation du Comité central ainsi
qu'au Comité de l'art des directives visant à remédier aux défauts
mentionnés dans cette résolution, afin de conduire la musique soviétique sur
la voie du réalisme. D'appeler les compositeurs à assumer les tâches
honorables que le peuple soviétique confie à la création musicale, et
d'écarter de soi tout ce qui affaiblit notre musique et entrave son progrès...
»
EN GUISE D'AVANT PROPOS ...
En
pleine réunion de l'Union des Musiciens, un soir de janvier 1948 au Kremlin.
Staline et Jdanov convoquent Prokofiev et Chostakovitch. Ils vont passer la nuit
à essayer de composer à quatre, un « objet musical» qui doit, aux yeux de
tous, être la référence de la « Vraie Musique Soviétique ».
« ...Dans les premières années d'après guerre, le parti communiste
renforça de manière patente son emprise sur la vie artistique et culturelle de
l'Union Soviétique. Cette offensive avait pour principal instigateur le
Secrétaire du Comité Central, Andreï Jdanov...
Il s'agissait de lutter contre les cosmopolites et les formalistes et de
condamner toutes les déviations par rapport aux principes de politique
culturelle du Parti (les dîtes déviations étaient interprétées avec le plus
complet arbitraire en fonction des nécessités du jour)...
En janvier 1948, Staline ordonna la convocation d'une réunion de l'Union des
Compositeurs . Il s'agissait de dresser la liste des compositeurs coupables de
tendance formaliste... Jdanov fit si bien les choses que les compositeurs
établirent eux-mêmes cette liste noire... On inscrivait, on raturait, on
inscrivait encore... Mais deux noms demeuraient immuablement sur cette liste où
ils avaient été noté d'emblée Chostakovitch et Prokofiev . La jalousie,
longtemps contenue, de nombreux musiciens devant la célébrité mondiale de ces
deux artistes éclata alors de manière abjecte... »
Krzysztof MEYER Biographie de Chostakovitch
Victor
LANOUX, Joseph STALINE
Victor LANOUX, ce n'est pas seulement le comédien vedette de cinéma que
nous connaissons... De sa filmographie imposante on peut extraire entre
autres...
- « LA VIEILLE DAME INDIGNE » réal. René ALLIO
- « COUSIN, COUSINE » réal. Jean-Charles TACHELLA
- « LA CARAPATE » réal. Gérard OURY
- « UN ELEPHANT CA TROMPE ENORMEMENT » réal. Yves ROBERT
- « ON IRA TOUS AU PARADIS » réal. Yves ROBERT
- « LES VOLEURS DE LA NUIT » réal. Samuel FULLER
- « LA TRICHE » réal. Yannick BELLON
- « LES DEMONS DE JESUS » réal. Bernie BONVOISIN
Ce fut d'abord et c'est toujours un comédien de théâtre. Depuis 1961 il
n'a pratiquement pas cessé d'être présent sur les scènes tant à Paris que
dans la décentralisation théâtrale. Voici en quelques noms et dates un survol
de cette autre carrière.
QUELQUES AUTEURS (entre autres)
- MOLIERE
- « LE TARTUFFE » TNP Villeurbanne (1971)
- « LE MISANTHROPE »Pierre CORNEILLE
- « POLYEUCTE » Théâtre Sarah Bernhardt (Paris)
- « L'ILLUSION COMIQUE » TNP Chaillot
- Jean RACINE « ANDROMAQUE » Théâtre Sarah Bernhardt (Paris)
- « ATHALIE » Théâtre Sarah Bernhardt (Paris)
- Bertold BRECHT « ARTURO Ul » TNP Chaillot
- William SHAKESPEARE « LA NUIT DES ROIS » Théâtre du Vieux Colombier
(1962)
- « OTHELLO » Théâtre Récamier (1962)
- « COMME IL VOUS PLAIRA » Angers
- « HAMLET » TNP Chaillot (1965)
- Jean GIRAUDOUX
- « LA FOLLE DE CHAILLOT » TNP Chaillot
- Emile ZOLA
- « AU BONHEUR DES DAMES » Théâtre de la Ville (Paris, 1980)
- Remo FORLANI
- « GRAND PERE » Théâtre de la Gaîté Montparnasse (1984)
- Françoise SAGAN
- « LE CHEVAL EVANOUI » Théâtre du Gymnase (Paris, 1967)
- Arthur MILLER
- « MORT D'UN COMMIS VOYAGEUR » adaptation Jean-Claude GRUMBERG, Théâtre
Silvia Monfort
QUELQUES METTEURS EN SCÈNES (entre autres)
Michel de RE, Jean Le POULAIN, Jacques CHARRON, Georges WILSON, Roger
PLANCHON, et... Régis SANTON.
UN PEU D'ÉCRITURE... DE PIÈCES
- « LE TOURNIQUET » (1973, Alliance Française et 1986 Les Bouffes
Parisiens)
- « LE PÉRIL BLEU » (1974-1975,Les Mathurins)
- « LA RITOURNELLE » (1990, Théâtre Antoine)
- « DRAME AU CONCERT » (1995, Théâtre Hébertot)
- et quelques adaptations... Et bien d'autres choses encore...
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