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Constantin Stanislavski (1863- 1938)

Le célèbre système de Konstantin Alexeev (Stanislavski)

Constantin Stanislavski (1863- 1938) La Formation de l’acteur de Konstantin Stanislavski est souvent le premier livre que se procure un futur comédien. L’enseignement de Stanislavski était fondé sur la méthode psychotechnique mettant en valeur l’honnêteté émotionnelle et insistant sur l’approche psychologique pour interpréter un rôle. Le théâtre, ce n’est jamais l’alphabet ! Stanislavsky disait : ’Le théâtre commence quand on se lève le matin’...

Y a-t-il une méthode pour enseigner l’art de l’acteur ? La question demeure assez ouverte. Pourtant le moins qu’il faille tenter de transmettre se situe bien au-delà du semblant et de l’artifice, du côté de la vérité. Les termes de sincérité, plausibilité, réalité, authenticité reviennent sans cesse et à juste titre. Ces notions sont du reste au coeur des principales approches théoriques et pratiques du XXème siècle, Stanislavski par exemple cherche à savoir comment s’y prendre pour qu’un acteur parvienne à mettre de côté la première raison de son désir qui est égocentrique. Or, pour atteindre au rôle et au personnage, il faut se pencher sur l’œuvre, sur la langue, la prosodie, la versification...

Biographie

Konstantin Alexeev (Stanislavski est son pseudonyme) est né le 5 janvier 1863 dans une famille issue de la grande bourgeoisie industrielle moscovite. Stanislavski joue dans un cercle familial d’amateurs de quinze à vingt-cinq ans.

Il fonde le Théâtre d’art de Moscou en 1898 avec Nemirovitch-Dantchenko et y met en scène la création des grandes pièces de Tchekhov. En 1910, il invite Edward Gordon Craig pour travailler sur Hamlet de Shakespeare.

Il met sur pied un studio expérimental avec Vsevolod Meyerhold et s’inspire du travail qui y est réalisé pour ses mises en scènes. Avant, jamais personne n’avait théorisé sur le jeu de l’acteur comme l’a fait Stanislavski à partir de réflexions issues de sa pratique.

Dès 1909, il rédige les bases théoriques du « système » qui le fera connaître comme pionnier de la pédagogie théâtrale. Cette méthode utilise l’introspection, l’intuition et le subconscient pour permettre à l’acteur une recherche psychologique profonde qui aboutit à une prise de conscience intérieure de son personnage.

Lorsqu’il débarque aux États-Unis en 1923, Stanislavski se retrouve face à à un pays aux structures théâtrales encore embryonnaires. La vulgarisation des idées de Delsarte (qui établit un rapport entre la position du corps et le sentiment) s’avère insuffisante aux comédiens pour aborder le théâtre de Strindberg, d’Ibsen et surtout d’O’Neil, dont les fameux silences et le théâtre inarticulé évoquent le sous-texte tchékhovien.

Stanislavski donne aux américains le modèle d’une troupe moderne qui inspirera le Group Théâtre et favorisera l’action des théâtres engagés des années trente, et plus encore, il leur offre le cadeau le plus précieux qui soit: une méthode de jeu. La pénétration des idées stanislavskiennes dans le monde anglo-saxon aura une influence considérable sur son théâtre et son cinéma.

Il incite les acteurs à refuser les clichés et la gesticulation pour chercher la vérité du jeu et du personnage. Acteur remarquable, metteur en scène innovateur, directeur de théâtre prestigieux, théoricien et pédagogue, Konstantin Stanislavski a marqué son époque par une approche du jeu, tout autant psychologique que physique, qui a guidé plusieurs générations de praticiens tels Peter Brook, Marlon Brando ou Louis Jouvet.

La plupart des grands hommes de théâtre ont lu et étudié son oeuvre, soit pour s’en inspirer, soit pour en critiquer certains aspects, ou parfois, comme Brecht, pour le prendre à contre-pied dans l’édification d’une autre théorie. Le Polonais Jerzy Grotowski, dont le travail est à l’exact opposé, avoue : « J’ai été nourri de Stanislavski ; ses recherches continues, son renouvellement systématique des méthodes d’observation et sa relation dialectique avec son travail précédent, en font mon idéal personnel. Il a posé les questions fondamentales. »

Mais au-delà de son incomparable contribution à la méthodologie théâtrale, Stanislavski a apporté au théâtre une dimension éthique qui annonçait la position d’une Ariane Mnouchkine, amélioré considérablement les conditions sociales de son exercice, lutté contre ses mauvaises habitudes. Il pensait, comme l’oncle Vania de la pièce de Tchékhov, que « tout dans l’être humain doit être beau, son visage, ses vêtements, son âme, ses pensées ». Ouvert et généreux, il croyait au bien et voulait un « théâtre accessible à tous » dont le but était d’enrichir la vie intérieure du spectateur. Il enseignait à ses élèves à aimer l’art pour lui-même et non soi-même dans l’art, et prônait l’art le plus exigeant au service du public.

 

 

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