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Il y a dix ans, l'URSS chutait
December 10, 2001 04:14PM
Il y a dix ans, l'URSS chutait

samedi 8 décembre 2001, 11h45

Il y a dix ans, l'URSS chutait
MOSCOU (AFP) - La liberté reste dans la Russie de Vladimir Poutine le principal acquis des dix ans qui ont suivi la chute de l'URSS, dont le bilan est par ailleurs entaché par des inégalités criantes, une criminalité grandissante et deux guerres meurtrières en Tchétchénie.
La disparition de l'Union des républiques socialistes soviétiques prononcée le 8 décembre 1991 par les présidents de trois d'entre-elles, le Bélarus, la Russie et l'Ukraine, moins de quatre mois après l'échec d'un putsch conservateur à Moscou, avait signé l'arrêt de mort d'un système largement basé sur la contrainte et les atteintes aux libertés. Celui-ci avait déjà été grandement assoupli depuis 1985 par la politique de démocratisation et de "refonte" (perestroïka) du système communiste menée par le leader soviétique Mikhaïl Gorbatchev.

Liberté de conscience, d'expression, mais aussi d'entreprendre et de voyager, fin de la prééminence et de l'omniprésence du Comité de sécurité d'Etat (KGcool smiley et du Parti communiste: l'effondrement définitif du système a été célébré à l'époque par des foules enthousiastes.

Mais la libéralisation radicale du régime aura aussi entraîné une explosion sans précédent de la criminalité. Les assassinats commandités, commis par centaines chaque année, et très rarement élucidés, et le racket sont rapidement devenus monnaie courante. La corruption, déjà répandue en Union soviétique, a également envahi tous les niveaux de l'appareil d'Etat.

La déliquescence du système de santé publique, et un alcoolisme endémique ont en outre causé en dix ans une baisse de 4 ans de l'espérance de vie, qui s'est établie à moins de 59 ans pour les hommes russes. Quarante-quatre millions de personnes, soit près du tiers de la population russe, se trouvent encore en 2001 en dessous du seuil de pauvreté fixé à un peu moins de 50 dollars pour un actif.

L'accession au pouvoir en mars 2000 de Vladimir Poutine, un ancien agent du KGB, a fait planer un doute sur le respect des libertés, notamment après la multiplication des inculpations pour espionnage et le démantèlement controversé du groupe de presse d'opposition Média-Most. Mais Vladimir Poutine, qui a restauré l'hymne soviétique avec de nouvelles paroles, bénéficie du soutien de quelque 70% des Russes qui ont apprécié sa promesse d'une "dictature de la loi" et attendent une amélioration de leur niveau de vie des réformes libérales lancées depuis son élection.

Toutefois, les communistes russes, héritiers d'un parti au nom duquel ont été commis les pires crimes, ont bien résisté à la chute de l'URSS et jouent dix ans plus tard le rôle de principal parti d'opposition dans la Russie de Vladimir Poutine.

En trouvant de nouveaux électeurs auprès des jeunes déçus du libéralisme, le PC semble aussi avoir réussi à échapper au déclin qui le guettait. Il a en revanche constamment échoué dans ses tentatives de revenir au pouvoir, en particulier lors des présidentielles de 1996, qui a vu la victoire de Boris Eltsine, et de mars 2000, celle de Vladimir Poutine.

Avec 530.000 adhérents revendiqués, ce qui en fait le premier parti du pays, le Parti communiste est la seule formation importante à ne pas s'être ralliée ouvertement au Kremlin, ce qui ne l'empêche pas de passer des compromis avec le pouvoir. Le PC continue d'avoir le soutien d'environ 2O% de l'électorat, selon les derniers sondages, qui ne tiennent pas compte cependant du lancement récent d'une nouvelle coalition pro-Kremlin. Celle-ci, avec 239 députés, est devenue de facto la première force à la Douma (chambre basse) à la place des communistes. En province, le PC a réussi à se maintenir sur ses anciennes positions car la carte du parti est souvent un bon laisser-passer pour obtenir un emploi.

Vladimir Poutine a souhaité à plusieurs reprises que le Parti communiste évolue vers la social-démocratie, sous la houlette de Guennadi Seleznev, plus accommodant que Guennadi Ziouganov. Sans résultat pour l'instant.

S'il reconnaît aujourd'hui le droit de propriété et la liberté de culte, le Parti communiste a fait un inventaire très limité du passé soviétique, une époque à laquelle il comptait officiellement 18 millions de membres.
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